Kimi Räikkönen - Biographie
Une enfance tournée vers la vitesse
Né le 17 octobre 1979, Kimi Raikkonen fut bercé, dés son plus jeune age, par le doux ronflement de la petite moto de son frère aîné Rami qui, très doué, pratiquait déjà le motocross comme loisir. "Rami a débuté en motocross à 3 ans et demi, quelque chose comme ça. Il ne savait même pas encore faire du vélo !.
Rapidement attiré par la compétition, Kimi ne se lança pas immédiatement dans les sports mécaniques, ses parents lui préférant des activités moins dangereuses. Tout juste avait-il l'autorisation de monter derrière son grand frère. Il lui faudra attendre son cinquième anniversaire pour qu'il puisse enfin enfourcher seul cette moto, longtemps restée inaccessible. "Mes parents ont mis des stabilisateurs sur la moto et j'ai roulé". Ce fut le coup de foudre immédiat pour la vitesse. Malheureusement, le bolide ne pouvant être partagé, Kimi du se contenter de quelques tours de roues dans le jardin familiale ou sur les routes peu fréquentées d'Espoo.
Hockey sur glace et ski furent son lot de consolation durant encore 3 ans, activités qu'il pratiqua pourtant sans retenu, acquerrant un niveau élevé.
En vrai fan de courses, le père de Kimi les emmena, un jour, lui et son frère, voir un ami dont le jeune fils faisait du karting. Nouveau coup de foudre, la décision fut unanime, ils leur fallaient le même engin. "Mon père travaillait de temps en temps pour une personne dont le fils faisait du kart et nous sommes, un jour, allés le voir tourner. Nous avons immédiatement acheté un kart pour moi et mon frère, j'avais sept ou huit ans". Kimi flirtait enfin avec ce qui allait être comme une révélation, la course automobile sur circuit.
Les premiers pas en karting
Durant l'année 1987, Kimi, dont le jeune age l'empêche de participer à des championnats officiels, se retrouve à disputer quelques trophées lors de courses amateurs organisées en dépit de toute réglementation. Et ce n'est que l'année suivante qu'il peut enfin participer à quelques manches de championnats régionaux, se mesurant enfin à d'autre petits pilotes.
Le karting devient vite une passion et Kimi en veut plus. Après avoir remporter plusieurs courses en catégories A, B et C, il s'inscrit finalement en 1991 au championnat de Finlande en section minime sans grand succès et passe l'année suivante en catégorie junior. "J'avais peut-être 12 ans lorsque j'ai commencé les compétitions nationale, ce qui est assez tardif. Mais il fallait attendre que mon frère quitte le karting".
Epauler par son père, mécanicien, mais sans grand apport financier, il ne brille pas par les victoires, même s'il en récolte tout de même quelques une, mais par une régularité impressionnante, si bien que quelques sponsors le remarquent et l'aident financièrement les années suivantes. "La première année ne fut pas très bonne. J'ai connu quelques courses où j'allais vite, mais la plus part du temps, je finissais hors du circuit ! Malgré tout, quelques personnes m'ont remarqué et j'ai commencé à avoir des sponsors pour des pneus, des combinaisons et tout ce petit matériel qui au final aide beaucoup".
1993 est donc la première saison qu'il fait réellement en tant que compétiteur avec du matériel performant. Finissant cette fois ci 9e, c'est l'année suivante qu'il démontre tout son potentiel en terminant vice champion de Finlande catégorie junior. Son pilotage et ses résultats le pousse immanquablement vers la catégorie supérieur à laquelle il s'inscrit en 1995 via le championnat ICA (Intercontinentale A). Il ne lui faut pas longtemps pour trouver ses repères, et même si la saison est difficile, il s'impose dés la première course de l'année et fini la saison 3e.
Assuré financièrement et matériellement, Kimi Raikkonen s'inscrit à partir de 1996 à plusieurs compétitions. Il participe ainsi aux séries nationales en Formule A et ICA, mais s'engage également en série européenne avec le championnat nordique ICA et s'autorise quelques courses comptant pour le championnat du monde en Formule Super A. Si les résultats escomptés ne sont pas à la clé, il manque la coupe nordique ICA, termine 4e en Formule A et n'arrive pas à s'imposer dans les courses européenne et mondiale, il acquiert une expérience indéniable auprès des meilleurs pilotes du moment, et 1997 devient l'année de sa consécration.
Surclassant ses adversaires, il s'impose en championnat national ICA, prend une belle 4e place dans la série européenne du championnat nordique et se distingue dans des courses comptant pour le titre mondial malgré le fait qu'il termine 30e au général. Ces nets progrès lui font d'être remarqué par Peter de Bruin qui l'invite à piloter pour son équipe. Kimi s'expatrie alors, rejoignant son premier patron aux Pays Bas, lui permettant ainsi de prendre son envol sportivement, mais aussi familialement. "En 1998 un type appelé Peter de Bruijn projetait de monter sa propre équipe. Il avait besoin de pilotes et m'a demandé de conduire pour lui. J'ai donc arrêté l'école et me suis déplacé en Hollande pour continuer à courir".
Obligé de ne compter que sur lui-même, Kimi enchaîne alors les exploits. Devenant champion de Finlande en Formule A, il s'octroie de plus le titre en série européenne (championnat nordique ICA, mais fini 24e en Formule Super A (championnat du monde) alors qu'il pointait en 7e position lors de son retrait de cette compétition. 3e lors de la coupe de Monaco, Kimi Raikkonen compte alors parmi les meilleurs pilotes de kart d'Europe.
L'accession à la monoplace
Durant cette fin de saison 1998 le finlandais est remarqué par une personne qui va bouleverser sa carrière. Peter Collins, ancien manager de la mythique équipe de F1, Lotus, arpente les circuits de karting depuis quelques années pour découvrir et former de nouveaux pilotes. C'est ainsi qu'il repère Kimi Raikkonen.
Ayant déjà fort à faire avec ses nouvelles recrues, Collins contact Steve Robertson et lui propose de rencontrer le jeune finlandais, ajoutant : "Ce gamin est génial, il contrôle de sa voiture mieux que ce que tout ce que j'ai vu et sur le mouillé, il n'est pas comme les autres". Robertson, qui s'occupait déjà de la carrière d'un certain Jenson Button demande alors à son fils David de l'assister. Pendant l'hiver, Kimi Raikkonen et les Robertson, signent alors, sous les yeux ravis de Peter Collins, un contrat d'une durée de 10 ans.
L'ascension de kimi Raikkonen, en monoplace, se fera pourtant en deux temps. Durant l'inter saison, Kimi effectue quelques tests en Formule Ford pour le compte de l'équipe Continental Racing Van Diemen mais il est rapidement orienté vers la Formule Renault britannique afin de courir pour Haywood Racing. "Kimi était impressionnant lors de ces essais en Formule Ford", expliquait Jim Warren, propriétaire de l'équipe, "En fait, il a une meilleure contrôle de sa voiture que Mika Hakkinen à ce stade de compétition". Dés sa première participation, il se classe 3e, malheureusement, son matériel peu compétitif l'oblige à sur-conduire et le finlandais, nouveau dans ce milieu, décide avec son manager de se retirer du championnat dès la 4e course. "J'ai seulement fait quelques courses en 1999. Lors de la première course je suis arrivé 3ème, puis, pour les autre, j'ai eu une fois une panne et des accidents dans les deux autres. La voiture n'était pas très bonne, ainsi nous avons donc arrêté". La tête basse, Kimi s'en retourne vers le karting.
A l'aise dans cette catégorie qu'il connaît depuis maintenant 12 ans, il fini à une belle seconde place le championnat de Finlande de Formule A alors que sa participation à quelques course du championnat du monde en Super A le conduise à la 10e place. Pendant ce temps, Robertson n'est pas resté inactif et il réussi à lui trouver une équipe de haut niveau en monoplace. En fin de saison, Kimi Raikkonen s'envole donc pour l'Angleterre ou il signe avec Manor Motorsport. "Dave et Steve m'avaient promis que je participerais aux courses de la série hivernale de Formule Renault dans une bonne équipe, j'y suis allé et j'ai gagné toutes les courses".
Pourtant, rien ne présageait que Kimi pourrait honorer son contrat, appelé à servir dans l'armée finlandaise durant un an, d'octobre 99 à octobre 2000. "A l'armée, il y avait un régime spécial pour ceux qui exerçaient un sport à niveau élevé, cela m'a donc facilité l'obtention des jours de sorties". Il parvint donc à avoir quelques permissions ce qui lui permis de faire connaissance avec sa nouvelle équipe et de remporter les 4 courses disputées sur le circuit de Donington les 14 et 21 novembre dans le cadre des Séries Hivernales de Formule Renault. Kimi avait enfin son ticket pour la monoplace et avec mention très bien.
Les journées de permission se succédèrent en 2000 afin que Raikkonen puisse participer à la nouvelle version du championnat anglais de Formule Renault. Cette saison ouvrait, en effet, la mode des courses sur monoplaces identiques. "C'était un championnat bien meilleur, avec des voitures identiques pour tout le monde. La compétition était beaucoup plus grande".Avec 12 courses comptant pour le championnat, Kimi fut titré au bout de la 10e récoltant 316 points en 7 victoire, 1 seconde place et deux 3e. Il ne participa alors pas au deux dernières, son avance de points étant largement suffisante. Une domination impressionnante du finlandais qui fit le tour des hommes de l'ombre du sport automobile. Mais Kimi ne s'arrêta pas là. Comme à son habitude, il s'inscrivit à un autre championnat, celui de Formule Renault Eurocup. Dans ce championnat, où il ne participa qu'à trois courses sur 9 épreuves, il ne pouvait prétendre rivaliser avec les autres pilotes pour le titre. Néanmoins, il réussit l'exploit de s'imposer à deux reprises le 16 juillet à Donington et le 24 septembre à Spa-Francorchamps, mais subissant un bris moteur alors qu'il menait dans sa troisième épreuve. Agrémentés de deux pole position, ses 62 points le placèrent en 7e position, bien loin du vainqueur, un certain Felipe Massa et ses 140 points.
Derrière Kimi Raikkonen, Steve et David Robertson travaillaient dure et après avoir amené Jenson Button en F1 comme pilote titulaire chez Williams, ils réussirent à obtenir une entrevue avec Peter Sauber, patron de l'écurie F1 suisse du même nom pour lui présenter leur prodige finlandais.
Sceptique vis-à-vis de la jeunesse de Kimi et de son manque d'expérience en monoplace, Sauber accepta tout de même de le rencontrer et lui proposa un galop d'essais sur le circuit de Mugello le 12 septembre. A l'issue de la journée, Jacky Eeckelaert, responsable de l'équipe de test lachait : "J'ai eu peur qu'il ramène la voiture en morceaux mais il n'a pas fait une seule erreur. Dans la même configuration, il est à seulement 1''500 de Diniz. Ce qui est étonnant puisque Kimi n'a aucun expérience des F1.".
Kimi met pied en F1 alors que, du haut de ses 21 ans à peine, il ne compte que 21 courses en monoplace, évitant les traditionnels passage par la F3, puis la F3000.
A suivre...
