1988 - 2005, 17 années les séparent...

En cette journée du 3 avril 1988, alors que les F1 vrombissent sur la piste de Jacarepagua au Brésil, deux jeunes garçons s’amusent sur leur karting. Le plus jeune, un finlandais de 8 ans, entraîne son père avec lui pour quelques tours de roues. L’autre, un colombien de 12 ans est déjà double champion de karting chez lui.
Le premier ne suit certainement pas avidement la F1, mais le second a déjà une idole en la personne d’Ayrton Senna. Et cette année là, le brésilien est au départ de son Grand Prix national dans la même écurie victorieuse qu’Alain Prost, double champion du monde.
Fin 1987, Ron Dennis, qui veut alors détrôner Williams au championnat des constructeurs, va tenter un coup de poker inimaginable ; réunir un champion et un jeune prodige dans son équipe. Deux hommes au tempérament diamétralement opposé.
Le premier est le talent à l’état pur. Double champion du monde, Alain Prost est un calculateur et sait rester de marbre lorsque la défaite le gagne. Le second cherche à briller de mille feux. Ayrton Senna n’a peur de rien, pour lui, seul la victoire compte et sur la piste il fait savoir qu’il ne se laissera pas faire.
La saison 1988 va s’achever par la victoire de Senna, mais déjà, les tensions entre les deux pilotes apparaissent. Rien, pas même leur patron, ne pourra changer ce que la rivalité va doucement installer.
17 ans plus tard, Ron Dennis récidive, mais cette fois il n’a plus de champion à embaucher. Il va alors tenter de mettre fin au règne de Ferrari, et par la même vaincre Williams qui les nargue depuis 3 ans, en alignant la paire de pilote la plus convoitée du paddock, Kimi Räikkönen et Juan Pablo Montoya. Le premier est de glace, le second de feu, ils disposeront d’un matériel identique et pourront prétendre au titre mondial.
Comment ne pas oser l’analogie avec la saison 1988 ?
L’un et l’autre sont deux redoutables pilotes, plusieurs fois victorieux en courses et qui se sont combattu avec fair-play. Allemagne et Hongrie 2002, Monaco 2003, Brésil 2004, pour ne citer que ces Grand Prix… Nul doute que la saison 2005 sera magnifique chez les gris, si en plus des victoires, voir un titre peuvent concrétiser le choix de Ron Dennis, le choix se sera alors révélé aussi fructueux que par le passé.
Mais ne vendons pas la peau de l’ours. Espérons déjà que les deux pilotes s’apprécieront et ne sombreront pas dans une rivalité qui ne pourra que les handicaper.
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