Sepang, analyse d'une défaite

Lors du dernier Grand Prix, en Malaisie, alors que tous les yeux étaient rivés sur les Ferrari F2007 de Kimi Räikkönen et Felipe Massa, personne ne vit venir le doublé McLaren. Une surprise sans en être une vu le retour au sommet de la firme anglaise cette saison, pourtant, elle étaient encore loin de faire l'unanimité parmi les pronostiqueurs après la prestation de Räikkönen à Melbourne. Avec une seconde pleine d'avance sur ses concurrents, le finlandais était intouchable et Ferrari aurait surement acquis les 18 points du doublé si Massa n'avait pas connu un problème de boite de vitesse lors de la séance qualificative.
Que c'est-il donc passé à Sepang pour que l'écurie italienne rentre aussi vite dans le rang. Sans retirer à Alonso, Hamilton et toute l'équipe de Woking le mérite qu'il ont d'avoir su déjouer les pièges et s'imposer d'une main de fer, force est de constater que Ferrari et Räikkönen aurait pu faire beaucoup mieux. Je n'accablerais pas le pauvre Massa qui doit une nouvelle fois ronger son frein avant la prochaine épreuve à Bahrein, mais sur le coup, il ne fit pas montre d'un si grand pilotage après son freinage raté sur Hamilton et son interminable GP derrière la BMW d'Heidfeld. Pour Kimi Räikkönen, c'est un peu différent.
Après une semaine d'essais privé intensif sur ce même circuit, la Ferrari semblait très à l'aise et bien plus rapide que ses concurrentes, mais il fallait lever rapidement le doute autour du V8 de Kimi qui avait perdu un peu d'eau lors des derniers tours du Grand Prix d'Australie. La Scuderia simula donc le même problème technique avec un nouveau moteur afin de constater d'éventuelle faiblesse du bloc s'il devait participer à l'intégralité du week-end malais et le verdict ne se fit pas attendre. Si tôt les essais libres du vendredi terminés, Ferrari annonçait que le moteur de la F2007 de Kimi ne serait pas changé car la nécessité ne s'en faisait pas sentir. Bien évidement, jamais Jean Todt n'aurait crié sur tous les toits que son V8 avait subit quelques dégâts mineurs et qu'il serait dans l'incapacité de le mener à pleine puissance durant les 56 tours du Grand Prix. C'est pourtant ce qu'il s'est produit.
Räikkönen et ses ingénieurs ont commencé par tourner énormément le vendredi avec un bloc neuf, afin de réaliser le plus de travail sur la voiture avant la suite du week-end, permettant ainsi au finlandais de ne procéder qu'à quelques tours de réglages le samedi matin avec son moteur de Melbourne. Lui donnant toute la puissance pour la séance des qualifications, Kimi ne réussit mieux que le 3e temps, derrière Massa en pole, mais avec un peu moins de carburant et Alonso sur la même stratégie. Comme souvent, les Ferrari semblaient être un peu moins véloce sur un tour que sur la longueur d'une course, donc tout le monde restait confiant pour le dimanche, sauf que Kimi Räikkönen allait devoir composer avec une voiture légèrement sous-vireuse, mais surtout bien moins puissante. En effet, malgré les affirmations des patrons de la Scuderia comme quoi le bloc Ferrari de kimi n'avait aucun problème, les ingénieurs décidèrent tout de même de limiter son régime à 17500 tours/mn, soit 1500 de moins que leurs adversaires. Pourquoi ne pas avoir alors décider d'en changer et de permettre à Räikkönen de partir certes 13e, mais avec toute les performances que l'on connait de la F2007 ?
Sepang est un des circuits, si c'est le circuit durant lequel la mécanique souffre terriblement, au point que beaucoup d'écurie adapte des systèmes de refroidissement spécifiques pour la course. Le problème qui se posait alors aux ingénieurs de Kimi étaient de lui permettre d'avoir un moteur puissant, tout en sachant que le Grand Prix suivant se déroulerait à Sakhir où la température peut aussi avoisiner les 40°. Si la décision de changer de moteur avait été prise, le V8 aurait du subir deux Grand Prix dans des conditions extrêmes, limitant peut-être alors dangereusement sa durée de vie. De plus, Kimi partant 13e aurait certainement pu, aux vues des performance global de sa voiture, remonter le peloton, mais aurait-il réussit à rattraper Massa, Alonso ou Hamilton ? Une 4e place à la régulière se dessinant alors pour lui. Le risque étant trop grand de perdre plus que d'y gagner, on préféra chez les rouge diminuer la puissance du moteur pour le faire tenir et laisser Kimi se battre dès le début de la course aux avants postes car sur la distance, ils se savaient meilleur. Ce ne fut pas l'unique compromis que du faire Kimi. Handicapé par son moteur, le finlandais rendait plus de 8km/h en ligne droite, aussi, les ingénieur on préférer diminuer l'appui, quitte à rendre la voiture plus difficile à conduire en courbe et privilégier la Vmax afin, une fois Räikkönen devant ses concurrents, d'éviter un dépassement à l'endroit le plus facile, le bout de la ligne droite. Mais le scénario ne s'est une nouvelle fois de plus pas déroulé comme prévu.
Lors du départ, Massa, en pole, laisse Alonso prendre la tête, derrière Räikkönen, sachant la course longue, n'attaque pas au risque de tout perdre au premier virage et reste dans l'aileron de son équipier, gardant Hamilton sous contrôle, mais une erreur de jugement lui couta certainement une possible victoire arriva 800 m après le départ. Au milieu de la piste, Kimi décida de prendre l'extérieur pour amorcer de la meilleur façon son virage à droite, malheureusement, Hamilton saisi l'occasion pour retarder son freinage et passer, pire, Massa en difficulté ne pu lui non plus contenir l'assaut du britannique, si bien qu'après 3 virage, les Ferrari se retrouvaient 3e et 4e. Massa out pour le podium après une attaque manquée sur Hamilton, Kimi ne pris pas de risque et attendit patiemment la première valse des ravitaillement pour connaitre les stratégies des uns et des autres. Même si Alonso s'échappait. Dommage, Hamilton avait plus d'essence que les 3 autres, ce qui d'ailleurs démontre son potentiel avec une voiture plus lourde et Kimi le vit à ses dépend. Moins longtemps en piste, il ne pu combler son retard sur l'anglais et le passer au jeu des ravitaillements, même en remplissant sa monoplace au maximum. Dés lors, le finlandais savait la victoire perdu, il ne lui restait qu'à s'emparer de la seconde place, mais avec un moteur moins performant, la tache était difficile. Ferrari avaient gardé ses gommes dures pour le dernier run et tout le monde savait qu'avec ces pneus, la F2007 était intouchable, mais les McLaren étaient beaucoup trop loin. Räikkönen, malgré des temps inférieurs de plus de 6/10e au tour avec un moteur affaibli ne pu rattraper Hamilton.
Si Kimi avait gardé sa trajectoire au premier virage, la course aurait été tout autre et la victoire possible... Une petite erreur de jugement qui lui couta très cher finalement.





