Montreal : une course chaotique

Il est impossible de trouver un qualificatif suffisant pour décrire le Grand Prix de Montreal qui vient de se terminer. Accident, voitures de sécurité, drapeaux noirs, jamais une course ne connu autant d'évènements. S'ils furent de bon augures pour certains, ce ne fut pas le cas pour les pilotes Ferrari.
Dés le départ, Kimi Räikkönen, trop lent, se fait passer par son équipier Massa ainsi que Rosberg et sa Williams. Devant, Heidfeld garde le contact avec Hamilton, poussant à la faute Alonso qui tire trop large au premier virage. Dégagé de la pression de son équipier, Hamilton s'échappe, laissant Heidfeld en découdre avec Alonso. Derrière, Massa tente de ne pas se laisser distancer alors que Kimi, reste bloquer derrière Rosberg qu'il n'arrive pas à doubler.
Alonso est en détresse, accumulant les erreurs, il finit par se faire distancer et même dépasser par Massa. Hamilton, qui imprime un rythme d'enfer possède plus de 10s d'avance sur le second au 15e tour. Räikkönen se morfond certainement dans son casque. Il lui est impossible de trouver l'ouverture sur Rosberg, le contraignant à laisser filer de précieuses seconde.
Au 20e tour, Heidfeld rentre au stand pour ravitailler, suivi au 22e par Hamilton et Webber. Un tour plus tard, la Spyker-Ferrari d'Alberts, écrasée contre un mur, oblige le safty car à entrer en piste. A bout de carburant, Alonso et Rosberg, n'ont d'autre solution que de ravitailler au 22e tour, alors que la voie des stands est fermée. La sentence ne se fera pas attendre longtemps, les obligeant à s'arrêter pour une pénalité de 10s au 36e tour. Lors du 25e passage, les pits sont réouvert et presque tout le monde ravitaille. C'est la cohue à la sortie, si bien que Massa et Fisichella en oubli de regarder le feu est rentre en piste. Mal leur en prend, celui-ci était rouge. Si cela parait anodin au premier abord, le règlement sanctionne pas une exclusion ce type de manoeuvre et les deux pilotes quitteront définitivement la course au 51e tour.
Pourquoi me direz-vous, ses sanctions arrivent-elles si tard dans la course ? Simplement que les incidents n'en finissent plus. Au 26e tour, la voiture de sécurité libère les monoplaces. Hamilton en leader devant Heidfeld, il faut remonter jusqu'à la 16e place pour retrouver Kimi Räikkönen qui a énormément perdu dans cette neutralisation. Alors que toutes les voitures reprennent leur cadence infernale, Trulli est Kubica s'accroche, à l'approche de l'épingle. A une vitesse approchant les 300km/h, le polonais, repoussé sur les vibreurs extérieur ne peut empêcher sa BMW de décoller est d'aller percuter de plein fouet un mur en béton. Pulvérisé, la monoplace est projeté de l'autre coté de la piste, manquant d'embarquer la Ferrari de Räikkönen et allant finir sa course sur le mur extérieur de l'épingle. A bord, le pilote bouge à peine. On peut apercevoir la cellule de survie ouverte à l'avant, laissant dépasser ses pieds. Les secours arrivent sur les lieus et prennent immédiatement en charge Robert Kubica. C'est la consternation dans les stands et les tribunes. Le choc a été si violent que tout le monde pense au pire. Emmené à l'hôpital, Kubica ne souffrira finalement que d'une blessure à la cheville et d'un léger traumatisme crânien. Il faut près de 10 tour pour dégager le pilote et son épave et c'est au 34e passage que la course peut reprendre.
A la faveur des ravitaillement, Kimi Räikkönen parvient à se retrouver en 11e position, derrière Sato et Fischella, malheureusement, il lui est impossible de rejoindre la modeste Super Aguri, sa F2007 est totalement dépassée. Au 36e tour, Alonso et Rosberg effectue leur pénalité et ressortent respectivement 15e et 17e. Devant, Hamilton se lance dans une nouvelle échappée et parvient. à l'entame du 40e tour, Kimi, toujours derrière Sato se retrouve 7e grâce aux ravitaillements de ses adversaires, mais sa course est joué, il sait que rien ne pourra lui permettre de s'approcher du podium.
A 50e tour, le pace car entre un troisième fois en piste le temps de nettoyer la piste après la perte de l'aileron avant d'une Spyker. Le tour suivant, Massa et Fisichella écope d'un drapeau noir et doivent immédiatement quitter la course. Au 52e tour, les derniers pilotes à n'avoir pas ravitaillé une seconde fois passent par les stands. Alonso en profite pour reprendre l'avantage sur Räikkönen, mais l'espagnol commettra une nouvelle erreur en piste, permettant au finlandais de reprendre définitivement l'avantage juste après l'entrée, une quatrième fois de la voiture de sécurité suite à la sortie de piste de Liuzzi.
La fin de la course sera rude pour tout le monde et chacun fera tout pour prendre l'avantage sur le pilote qui le précède. Seul Hamilton, sur son nuage, trônera tranquillement en tête de la course qu'il remportera au 70e passage. L'accompagne sur le podium Heidfeld hauteur d'une course pleine de promesse pour la suite et de Wurz, miraculé et grand bénéficiaire des incidents.
Kimi rentrera par la petite porte après avoir rapporter les 4 points de sa 5e place.
"Ce fut une course très difficile pour moi. Je n'avais pas beaucoup d'adhérence au départ, car je me trouvais du côté sale de la piste et juste après, j'ai touché Massa avec mon aileron avant. Et puis il y a eu de nombreuses interventions de la voiture de sécurité et cela a rendu cette course chaotique En plus de ça, après l'accident de Kubica, j'avais un débris sous mon aileron avant et j'avais tellement de sous-virage que cela a fait souffrir mes freins. Cette série de problèmes a sérieusement compliqué ma course. J'ai quand même marqué quelques points. Cela aurait pu mieux se passer, mais cela aurait pu être pire aussi, finissait par admettre le finlandais.
On notera qu'en fin de course, Sato s'est offert le luxe de passer Alonso au freinage est à l'extérieur, une chose que l'on ne reverra pas de si tôt.





