Un titre perdu avant Melbourne

Interlagos 2005, Fernando Alonso, pilote Renault ne peut plus être rejoint au championnat. Avec 23 points d’avance sur Kimi Räikkönen, le jeune espagnol est officiellement déclaré champion du monde de F1 et ce, 2 GP avant la fin de la saison.
Comment Räikkönen, qui, en plus de son talent, possède la monoplace la plus rapide du plateau, n’a pu emporter la mise ?
Cette année, plus que tout autre, le maître mot était « fiabilité ». Avec une distribution des points, remanié en 2003, qui ne permet plus de vraiment faire la différence entre une première et une seconde place, le principal objectif de toutes les écuries était, si ce n’est la victoire, d’engranger les points à chaque course. A ce petit jeu, Alonso et Renault ont été les plus assidus. Sur 17 courses disputées avant le sacre, Alonso réussit à marquer 14 fois des points avec 6 victoires et 7 podiums pour seulement 1 abandon.
Du coté de McLaren, tous les regards se sont portés sur la fiabilité de la MP4/20. Après les échecs de la MP4/18 et MP4/19, l’équipe de Woking devait frapper un grand coup pour revenir sur le devant de la scène. Les problèmes récurrents de fiabilité sur les précédentes monoplaces devaient être absolument résolu. Pourtant, beaucoup on vu en l’échec de cette saison un manque d’endurance du moteur et de ses éléments. Mais est-ce réellement la fiabilité de McLaren / Mercedes qui est une nouvelle fois la cause de l’échec de Räikkönen ?
Analyse...
Melbourne : 6 - 1 (écart de 5 pts)
Erreur du pilote.
Pour l’ouverture du championnat, les conditions météo changeantes ont perturbé la grille de départ, reléguant Alonso et Räikkönen en 11e et 13e position. Malheureusement, lors de la mise en place, le finlandais cale et doit s’élancer depuis les stands. Après une folle remontée, il ne parvient à faire mieux que 8e alors qu’Alonso, avec une Renault très rapide accroche le podium (3e).
Sepang : 16 - 1 (écart de 15 pts)
Problème de pneus.
Qualifié 6e, Kimi prend un départ sans encombre, mais doit attendre les ravitaillements pour progresser. Après son passage aux stands, alors 4e, la valve d’un de ses pneus lâche, il renter à nouveau pour le changer, il ressort 14e et passe la ligne 9e. Alonso, lui, parti en pole gagne la course.
Sakhir : 26 - 7 (écart de 19 pts)
Problème de train avant.
C’est à Bahrein que Kimi fait son 1er podium de la saison, minimisant ainsi les dégâts. Parti 9e, il parvient à remonter à la 3e place. Malheureusement, il paye le prix d’une mauvaise qualif du à un train avant difficilement réglable. Alonso, pole man et vainqueur, accentue tout de même l’écart au championnat.
Imola : 36 - 7 (écart de 29 pts)
Problème mécanique.
Auteur une formidable pole position juste devant Alonso. Kimi mène le Grand Prix d’Imola d’une main de maître lorsque qu’il est contraint à l’abandon après la casse de la transmission. Alonso empoche une nouvelle fois les 10 points de la victoire.
Barcelone : 44 - 17 (écart de 27 pts)
Pour la seconde fois consécutive, Kimi s’élance depuis la pole. Une course parfaite lui offre les points de la victoire. Alonso 2nd assure quant à lui 8 précieuses unités.
Monaco : 49 - 27 (écart de 22 pts)
3e pole d’affilée pour le finlandais, qui effectue une course parfaite et signe sa 2nd victoire de la saison. Renault, en difficulté avec leurs pneus ne peut amener Alonso au-delà de la 4e place.
Nurburgring : 59 - 27 (écart de 32 pts)
Erreur du pilote.
En première ligne, Kimi s’empare de la tête de la course dés le 1er tour, pour ne plus la lâcher.
Malheureusement, il bloque ses roue 15 tours avant l’arrivée sur le dépassement d’un retardataire. Le plat fait au pneu engendre aussitôt des vibrations qui auront raison de la suspension de la MP4/20 dans le dernier tour. Alonso, parti 5e remonte rapidement jusqu’à la 2nd place. Il hérite de la victoire lors de l’abandon de Kimi.
Montréal : 59 - 37 (écart de 22 pts)
Au Canada, Kimi se qualif 9e, mais remporte une victoire après le drapeau noir que reçoit son équipier. Alonso, commet lui une erreur et envoie sa monoplace dans le mur.
Indianapolis : 59 - 37 (écart de 22 pts)
Statut quo entre les deux protagonistes. Le Grand Prix des Etats-Unis n’est pas disputé par les pilotes chaussés en Michelin. Dommage, car Kimi, en 1ère ligne pouvait reprendre des points à l’espagnol.
Magny-Cours : 69 - 45 (écart de 24 pts)
Problème moteur.
Auteur du 3e temps des qualif, Kimi doit sélancer 13e après avoir du changer de moteur. Alonso gagne la course avec seulement 11s d’avance sur le finlandais. Une victoire manquée...
Silverstone : 77 - 51 (écart de 26 pts)
Problème moteur.
Qualifié 2nd, juste derrière Alonso, Kimi doit une nouvelle fois partir avec 10 places de pénalités pour changement de moteur. Remontant de la 12e place, il fini 3e. Alonso ne peut gagner et prend la 2nd place.
Hockenheim : 87 - 51 (écart de 36 pts)
Problème hydraulique.
En pole, kimi mène et gère sa course jusqu’au blocage de sa boite de vitesse au 32e tour. Alonso, en embuscade récolte les points de la 1ère place.
Hungaroring : 87 - 61 (écart de 26 pts)
4e sur la grille, Kimi élimine un par un tout ses adversaires pour s’offrir l’une des plus belle victoire de sa carrière. Alonso, avec une Renault récalcitrante ne fini que 11e.
Istanbul : 95 - 71 (écart de 24 pts)
Pole position et victoire pour le finlandais sur le nouveau circuit de Turquie. 10 points en poche, malheureusement, Alonso prend les 8 points de la seconde place.
Monza : 103 - 76 (écart de 27 pts)
Problème moteur.
Une nouvelle fois en pole, Kimi doit partir du 11e rang pour changement de V10. Il ne parvient pas à faire mieux que 4e alors que dans le même temps, Alonso prend encore une 2nd place.
Spa-Francorchamps : 111 - 86 (écart de 25 pts)
En 1ère ligne, Kimi s’offre une nouvelle victoire. Malheureusement, Montoya, heurté par un attardé ne peut empêcher Alonso de prendre la 2nd pace.
Interlagos : 117 – 94 (écart de 23 pts)
Alonso, 3e prend suffisamment de point pour s’assurer le titre pilote. Montoya et Kimi gèle leur position pour assurer le 1er doublé à McLaren / Mercedes.
2 erreurs de pilotages, 1 problème de pneu, 5 casses mécaniques dont 3 moteurs, un mauvais train avant en début de saison, voilà les causes des pertes de points de Räikkönen.
Si la fiabilité n’a pas été parfaite, elle n’est donc pas seule en cause. Les erreurs de pilotages sont aussi à prendre en considération, même si elles peuvent être commise sous la pression qu’engendre la situation dans laquelle était l’équipe face à la déferlante espagnole. Bien évidement une meilleure robustesse du V10 Mercedes aurait peut-être inversé la tendance, mais ce n’est pas la dessus que kimi a perdu ses plus gros points, les moteurs ayant à chaque fois été changé avant la course. Ceux sont les points perdus lors des 4 premiers Grand Prix de la saison qui n’ont jamais pu être comblés. Il est donc clair que le titre fut perdu lors du développement de la monoplace pendant l’inter-saison. Si McLaren avait pu modifier son train avant plus rapidement, la situation au lendemain d’Imola aurait sûrement été tout autre.
Bref, si cette saison n’a pas été celle de Kimi, on peu affirmer qu’aucun élément n’a à lui seul causé cette défaite.
Kimi, Juan Pablo, McLaren et Mercedes on perdu le titre pilote, Alonso, Fisichella et Renault l’ont emporté. Une chose est sûr, si Mclaren veut les 2 titres en 2006, il faudra que tout soit parfait coté conception, mécanique et pilotage.





